samedi 4 juillet 2026

La louve solitaire (1968) Édouard Logereau


 

Synopsis : Le jour, Françoise est une élégante employée d’agence immobilière. La nuit, elle devient “la Louve”, une cambrioleuse féline, agile et insaisissable, qui utilise son charme, son intelligence et son passé de trapéziste pour s’introduire dans les villas de ses riches clients. Mais ses coups parfaitement réglés attirent l’attention de l’inspecteur Durieux, qui lui tend un piège et décide de se servir d’elle pour infiltrer un dangereux réseau de trafic de drogue dirigé par l’inquiétant Saratoga.







SD 720×576p . 2,6 GO . 1h30

Mon avis : ⭐⭐⭐⭐(4/5)

Entre polar stylé, aventure pop et espionnage à la française, Danièle Gaubert impose une héroïne moderne, libre, mystérieuse, à la fois voleuse, funambule et femme fatale. Autour d’elle, Michel Duchaussoy, Julien Guiomar et Sacha Pitoëff donnent au film une belle saveur de cinéma populaire sixties, relevée par la musique de Francis Lai.

Danièle Gaubert, c’est l’une de ces actrices que le cinéma n’a pas assez aimées. Elle avait pourtant tout : la beauté, l’élégance, le mystère, et cette présence naturelle qui attire immédiatement la caméra. Dans les années 60, elle traverse plusieurs films avec un charme très moderne, entre douceur et insolence. Dans La Louve solitaire, elle incarne parfaitement cette héroïne féline, libre et dangereuse, faite pour les polars chics et les aventures pop de l’époque. Sa carrière restera trop courte, trop discrète, comme un rendez-vous manqué avec la gloire. Mais Danièle Gaubert laisse derrière elle une vraie empreinte : celle d’une actrice lumineuse, rare, injustement oubliée, qui aurait mérité une place bien plus grande dans le cinéma français.


Bonne séance et A+

Supplément :


Danger Diabolik et La Louve solitaire
sont deux réalisations très pop de 1968. Deux films franco-italiens, deux polars d’aventure, deux figures de voleurs élégants, deux personnages qui transforment le cambriolage en numéro de style. Chez Mario Bava, Danger Diabolik pousse le fantasme à fond : couleurs éclatantes, esthétique bande dessinée, repaire futuriste, coups impossibles, sensualité pop et musique d’Ennio Morricone. Diabolik est un criminel-star, presque un super-héros inversé, qui défie la police comme un prince du chaos. C'était une coproduction Franco-italienne de 1968, tiré d’une célèbre série de BD italienne. Dans La Louve solitaire, sorti en France le 9 février 1968, on retrouve la même époque, le même goût pour l’élégance criminelle, mais en version plus française, plus féline, plus réaliste. Danièle Gaubert incarne Françoise, ancienne acrobate devenue cambrioleuse nocturne, seule, souple, insaisissable, avant d’être utilisée par la police contre un réseau de trafic international. La grande différence, c’est l’échelle : Diabolik est un feu d’artifice pop-art, extravagant, presque irréel ; La Louve est un polar chic, plus modeste, mais avec un charme fou. Lui vit dans le délire visuel de la BD, elle dans une France de villas, de toits, de filatures et de pièges. Mais au fond, ils racontent la même envie de cinéma : faire du voleur un héros glamour. En 1968, l’ordre vacille, les anti-héros séduisent, la morale devient plus floue. Diabolik et la Louve ne sont pas de simples hors-la-loi : ce sont des silhouettes libres, modernes, dangereuses, qui volent autant les bijoux que la vedette. Deux films cousins, donc : l’un flamboyant et psychédélique, l’autre élégant et félin. Diabolik rugit en pop-art ; la Louve griffe dans l’ombre.

Cliquez sur l'affiche pour voir le film chez "
au palace ce soir" puis tapez 163 en haut à droite et cliquez sur le lien 163... Et oui il faut le mériter.


10 commentaires:

  1. Je trouvais que ça faisait "Diabolik" version féminine, et puis j'ai déroulé vers le bas :)
    J'adore Julien Guiomar, et donc je n'hésite pas à me laisser tenter. Dans la foulée, j'irai certainement faire un tour au Palace le temps que 1fichier reprenne sa longue respiration. Merci beaucoup !

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  2. Et au passage, pour ceux qui seraient curieux de l'origine de Diabolik en BD (vf), il y en a beaucoup qui sont dispo sur BdMag Hexhumator (https://bdmagexhumator.blogspot.com)

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  3. Merci Ymer pour ce film. J'ai trouvé le film de Bava divertissant. On verra pour celui-ci.

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  4. Ano69126 : Bonjour ! Merci pour les 2 propositions ! difficile de refuser ! Merci pour le partage ! Cordialement

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  5. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  6. Malgré une introduction invraisemblable (un seul des convives regarde en l'air et c'est foutu. Comprendra qui verra), cette Louve en la personne de Danièle Gaubert se laisse agréablement suivre. Même si elle manque de présence en tant qu'actrice, elle est d'une incroyable photogénie. Faut dire qu'à chaque apparition de Julien Guiomar, ce vieux roublard lui vole impitoyablement la vedette. Ce n'est pas pour rien que Cocteau la trouvait être la plus belle de toutes les femmes. Même dans ses silences, c'est un ravissement. Cette "Gloire Éphémère" demeure sculpturale. Les dialogues sont bons, les situations pas trop convenues, l'histoire pas vraiment prévisible, des trouvailles originales. La musique de Francis Lai passe bien. Tous des bons points pour le seul long métrage de ce réal. Sauf un : à part peut-être Michel Duchaussoy, aucun des protagonistes n'est vraiment attachant. S'il fallait comparer ce film à "Danger Diabolik" dont il se rapproche beaucoup par certains aspects (la tenue de la Louve, ses gadgets, son visage impavide à la manière de Marisa Mell, certains décors, certains cadrages, ...), il s'en éloigne par une réalisation sage et stricte, pour ne pas dire "académique". Manque sans doute la fantaisie pop et l'excentricité d'un Mario Bava pour apporter une dimension supplémentaire. Cependant, c'est une curiosité qui reste la bienvenue. Merci encore pour cette proposition.

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    1. Merci pour ce retour très juste et détaillé ! Je te rejoins surtout sur Danièle Gaubert, magnifique à l’écran, et sur Julien Guiomar qui lui vole souvent la vedette. Le film reste effectivement bien plus sage que "Danger Diabolik". Une belle curiosité malgré ses défauts.

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